Le
musée des Beaux Arts de Pau, qui possède une très belle collection
dont le "Judith et Holopherne" d'Horace Vernet présente
également au public un tableau signé Jules Adler: "La Grève
au Creusot, 1899".
On
ne manquera pas de faire le lien avec l'usine Schneider des
Bormettes. L'usine du Creusot étant le navire amiral de l'empire
industriel de la famille Schneider.
Jules
Adler (1863- 1952) dit " le peintre des humbles" est
rattaché au courant artistique "naturaliste", très
important à la fin du XIXe dont le "pape" en littérature
sera Émile Zola et était représenté dans pratiquement tous les
arts. Le naturalisme épousait principalement à la cause sociale, et
s'intéressait à la misère ouvrière de l'époque. Le naturalisme
inspirera le "vérisme" en Italie, qui s'est
particulièrement illustré dans l'opéra.
Très
engagé, Adler prendra fait et cause activement pour le Capitaine
Dreyfus. Il crée également une cantine et un vestiaire d'aide aux
artistes. En mars 1944 il est arrêté sur dénonciation et échappe
de peu à la déportation.
Le
29 mai 1899, une grève éclate aux ateliers de construction et à la
grande forge. Le lendemain 30 mai, elle s'étend à l'ensemble de
l'usine. 9 000 ouvriers débrayent, réclamant une augmentation
générale des salaires et "plus d'égards de la part des
chefs". Le 31 mai est créé le Syndicat des Ouvriers
Métallurgistes du Creusot et dépendances (SOM). Le soir même, il
enregistre 6 000 adhésions. Le Creusot est occupé
militairement. Le 2 juin, après avoir échoué à faire rouvrir les
usines, Eugène Schneider cède à l'essentiel des revendications,
mais refuse de reconnaître le syndicat. Les ouvriers reprennent le
travail.
C'est
cet épisode de la lutte sociale que représente ici Jules Adler. Ce
tableau fera date, et les critiques et historiens d'arts ne
manqueront pas de comparer cette œuvre avec celle de Delacroix, La
liberté guidant le peuple dont elle semble s'inspirer si ce n'est
dans la composition, du moins dans l'esprit.

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