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mardi 16 décembre 2025

Cinématographe

 







Retour sur images!

Notre région nous le savons est terre de cinéma.

Inutile de parler de La Ciotat et de sa gare où est né le 7e art. C'est pourtant des frères Lumière qu'il est question avec la sortie d'un livre signé par le délégué général du festival de Cannes et président de l'Institut Lumière à Lyon, Thierry Frémaux.

                     

L'Aventure Lumière Thierry Frémaux  
Edit. Acte Sud.

 Il poursuit ainsi son travail sur les deux frères lyonnais et Ciotadens, inauguré en 2017 avec un documentaire:
Lumière, l'aventure commence,
et poursuit en 2025 par:
Lumière l'aventure continue. 


                                                                          Baignade en mer à La Ciotat

                                                                                                 

Marseille à présent. Avec la sortie nationale le 14 janvier du Rendez-vous des quais un film de Paul Carpita de 1955 et interdit durant 35 ans.                                                                                 

                                              Le Rendez-vous des quais

Au début des années 1950, à Marseille, deux jeunes amoureux, Robert et Marcelle, désireux de se marier, cherchent vainement un logement car ils sont encore hébergés par leurs parents respectifs. Robert est docker tandis que Marcelle est ouvrière en biscuiterie. Robert, en refusant de se rallier au groupement syndicaliste de son frère, va devenir la proie d’un manipulateur. Ce dernier, en lui promettant un logement, va l’entraîner aux limites de la compromission lorsque dockers et ouvriers se mettent en grève pour manifester contre la guerre en Indochine.

Et n'oubliez pas.
Vous pouvez consulter la revue L'Histoire sur la toile avec les codes habituels.
Au sommaire de Décembre:

 -  Cameroun la guerre oubliée. Une guerre de décolonisation méconnue des français.



-  Les juges et le pouvoir. Des siècles de relations tumultueuses.

 -  Le photomontage au pays des soviets.




samedi 21 juin 2025

Deux choses qui ont attirées mon attention cette semaine.

 D'abord un film dont l'action se déroule à La Ciotat, "Enzo" qui est programmé dès sa sortie au cinéma "Le Royal" de Toulon mais aussi à Sanary et  bien évidemment à La Ciotat. 

C'est l'histoire d'un ado, Enzo, 16 ans, apprenti maçon. Pressé par son père qui le voyait faire des études supérieures, le jeune homme cherche à échapper au cadre confortable mais étouffant qui est le sien.

C'est le dernier film Laurent Cantet décédé en cours de tournage et terminé par  Robin Campillo qui sera présenté cette année à Cannes dans la "Quinzaine des Cinéastes".

Et puis le dossier intitulé "La première guerre d'Algérie" de la revue "L'Histoire" numéro de juin. Ce dossier qui regarde avec distance cette guerre coloniale, devrait nous rappeler qu'Horace Vernet a 


abondamment documenté cette conquête par ses tableaux dont plusieurs sont reproduits dans le dossier.

Chez votre marchant de journaux.



En marge et qui n'a rien à voir, dans cette même revue, un article sur le Mistral. Marqueur de l'identité provençale ce vent a façonné l'imaginaire de tous et marqué le mode de vie comme les paysages.


mardi 11 mars 2025

Note de lecture

 2000 ans d'histoire sur les chemins de randonnées

Éditions Ouest-France

par Jacqueline Contaloube



Jacqueline Contaloube a été longtemps administratrice de la FFRP ( Fédération française de randonnée pédestre). Elle a connu l'aventure des balisages et du traçage des sentiers qui font le bonheur des randonneurs. Du Nord au Sud, de l'Est à l'ouest, et même au-delà des mers. À pied, en vélo, en Kayak... 

"2000 ans d'histoire sur les chemins de randonnées" propose non pas des topoguides au sens habituel, mais des incitations au voyage. Abondamment illustré, documenté, c'est un précis d'histoire, de sociologie autour d'une région, d'un lieu. Proche de chez nous, nous découvrirons les traces d'Hannibal, les gravures rupestres de la vallée des Merveilles, pourrons voyager avec les pèlerins de la Sainte-Baume ou de la montagne Sainte-victoire, nous suivrons la trace des vaudois dans le Luberon, découvrirons le mur de la peste édifié en 1720 en Vaucluse. Le facteur cheval nous  conduira sur ses tournées autour d'Hauterives, avec les bergers nous transhumerons de Montauroux à Valberg et à Beuil.

Pour les plus aventureux, ils pourrons se rendre en terres lointaines, de la Bretagne à l'Alsace ou dans les Pyrénées, et même en Guadeloupe ou en Martinique. Presque 100 randonnées. De quoi user plusieurs paires de godillots ou de rêver.

Paru en 1999, indisponible, hélas, aujourd'hui en librairie, cet ouvrage doit pouvoir être trouvé d'occasion si vous aimez chiner! 


vendredi 7 février 2025

LA MER ET LA MARINE

   La suite de la lecture de LA MER ET LA MARINE de Maxime Petit (voir ci-dessus) devait nous réserver une autre surprise, la rencontre avec un peintre toulonnais bien connu de nous, et qui illustre comme on va le voir notre petit coin de terre : Vincent Courdouan.

                                                   Courdouan le château Horace Vernet. Aux Bormettes


    " Le 14 janvier 1885, un nouveau paquebot, l'Océanien, capitaine Didier, lieutenant de vaisseau, est parti pour la Réunion, Maurice, l'Australie, et la Nouvelle-Calédonie.

      Récemment terminé, ce bâtiment, qui est un des plus complets de la flotte des Messageries maritimes, est tout battant neuf et remarquable par le luxe de ses aménagements. Il renferme un salon transversal et un salon de musique qui sont le dernier mot du confort et de l'élégance artistique. [ ... ]

    Quant au salon de musique, il est plus coquet encore. La décoration intérieur est en ébénisterie à plusieurs essences de couleur. Un revêtement en menuiserie encadre les panneaux pleins et les ouvertures. Les tableaux du salon de musique sont signés Courdouan; ils ont pour sujet : Gallopoli (Dardanelles) ; Bords du Rhône (Arles) ; San-Remo ; Rogliasco (golfe de Gènes) ; Bab-el-Oued: Tente arabe ; Ruines d'aqueduc romain à Fréjus ; Torrent du Ponsart,* près d' Hyères ; Plage de la Garonne ; Baie de Port-Méjean ; Clair de lune ; Champ des Pêcheurs à Toulon. "

* Lire Pansard

                                             l'Océanien lancé le 22 juin 1884 à La Ciotat

 En droite ligne de cette approche maritime, Une conférence:




vendredi 24 janvier 2025

LA MER ET LA MARINE

 Poursuivant la lecture de LA MER ET LA MARINE de Maxime Petit, (voir ci-dessus) je découvre ces lignes  sur une pratique qui amusera certaines ou certains. Un petit texte succulent

Se souvenir que nous sommes en 1889



      " Un genre de sport relativement récent et des plus curieux est le canoeing. "Sous ce nom, les anglais, dit M. Ch. Spar, désignent l'action de voyager, seul le pus souvent, dans des embarcations appropriées à cette destination, et de parcourir des espaces quelquefois très étendus, en glissant sur les fleuves, canaux, bras de mer, traversant des espaces de terre en trainant son embarcation, la portant au besoin, ou la voiturant en chemin de fer, en voiture, suivant les circonstances. Descendre ou remonter un cours d'eau, passer de l'un à l'autreen portant son embarcation sur les épaules, tirer un coup de fusil sur une sarcelle égarée, jeter la ligne sur une truite, faire la sieste sous les saules d'une Île déserte, préparer un frugal repas sur un feu allumé au grand air, dormir à la belle étoile avec son canot renversé servant de toit, n'est-ce pas là, dans toute sa plénitude, disons aussi tout son charme, l'existence des sauvages, existence qui fut celle des premiers ancêtres de l'humanité? Il faut avoir goûté cette existence pour en comprendre le charme, la saveur, et nous croirions volontiers que plus on est raffiné dans sa vie de citadin, plus on doit en goûter les jouissances." Les canoeistes sont très nombreux, non point en France mais en Amérique et en Angleterre. "


mardi 21 janvier 2025

LA MER ET LA MARINE



C'est un livre qui traîne dans la famille depuis... environ 130 ans. Comment est-il parvenu dans des lieux aussi éloignés de la mer et des préoccupations de gens qui n'avaient jamais vu d'océans et n'en verront jamais pour certains? Il sera impossible de répondre à cette question. 

Toujours est-il que LA MER ET LA MARINE d'un certain Maxime Petit publié en 1889 aux éditions Hachette est en ma possession. Je vous en livre aujourd'hui un extrait, introduction du chapitre qui traite des naufrages et qui s'appuie sur un tableau signé Joseph Vernet (1714 - 1789), le grand-père d'Horace.

On verra par ce texte les dangers encourus par les marins jusqu'à la fin du XIX siècle où la marine à voile et en bois dominait encore sur l'ensemble des mers, qu'elle soit de guerre ou marchande.

La toile reproduite ici n'est vraisemblablement pas celle décrite ci-dessous, mais une d'elles parmi les très nombreuses scènes de naufrages peintes par Joseph Vernet.

 

    "Joseph Vernet, dans un tableau d'une touche vive et ferme, où il a déployé en quelque sorte toute la poésie de son pinceau, s'est élevé jusqu’au dernier degré de l'horreur tragique. Ce tableau, qui date de 1763 est aujourd’hui au musée du Louvre: il représente un naufrage. La pluie tombe avec violence. Un vent terrible soulève les flots furieux. Les rayons du soleil, réfléchis par la nappe liquide, éclairent, éclairent au loin les montagnes qui bordent la vue. Contre un récif à fleur d'eau, un navire se brise, dont l'équipage essaye de se sauver en gravissant le roc, cause du sinistre. Quelques marins, pressés dans une chaloupe, veulent aborder le rivage, d'où un groupe de riverains leur jette des cordes. Le flot, chaque fois qu'il recule, déjoue les efforts des uns et des autres et, tombant sur l'arrière du navire, menace sans cesse de l'engloutir. Sous la voûte que forme la montagne, une femme éplorée adresse au ciel une prière muette, tandis que la mer bouillonnante se découvre jusqu'à l'exrême horizon avec des tons noirâtres.

    Ce tableau est un des chef-d'œuvre de Vernet. Il brille au premier rang parmi ces toiles nombreuses où tant de peintres remarquables ont représenté le mouvement tumultueux des eaux, le spectacle horriblement beau des mers bouleversées, des esquifs qui chavirent, qui capotent, qui sombrent ou qui viennent à sancir.* 

    C'est en effet bien digne de tenter l'artiste que la représentation des naufrages, ces accidents de mer aux causes variées, aux circonstances multiples, aux conséquences souvent affreuses. Tantôt le navire périt par suite de voies d'eau; tantôt il est victime des orages, des trombes, des cyclones, des tornados, des ouragans, des rafales ou des bourrasques; tantôt des tremblements sous-marins surviennent, qui l'engloutissent. D'autres fois il doit sa perte aux courants, aux barres de fond, aux mascarets, aux raz de marée, ou il sombre à la suite d'un incendie, d'une explosion. Approche-t-il des côtes, il court le risque de se briser contre les récifs comme dans le tableau de Joseph Vernet. Aujourd’hui il se heurte contre un autre navire, contre un corps flottant quelconque, contre des épaves, contre des glaces (s'il est dans les régions polaires) ; demain le brouillard ou l'obscurité voile la lumière des phares, et c'en est fait de lui s'il est commandé par un capitaine malhabile. Tout cela est profondément triste, mais la science s'en est émue: le jour est proche où ses calculs et ses prévisions, en même temps que le perfectionnement des constructions navales, rendront les naufrages de moins en moins fréquents. (...) 

* Sancir: En parlant d'un navire, couler bas en plongeant d'abord son avant.  (Littré)


vendredi 17 janvier 2025

Note de lecture



Les Yeux de Mona

Thomas Schlesser

Aux éditions Albin Michel 2024

Un livre qui ne parle pas de Provence, ni de la méditerranée, ni d'archéologie mais simplement d'histoire, et pas de n'importe laquelle. Celle de l'Art.

On hésite à le dire, bien que ce soit revendiqué: Roman.

Si la trame et la forme est romanesque le fond est lui un magnifique cours d'histoire de l'art. En effet Thomas Schlesser est avant tout Professeur - Ecole Polytechnique - et directeur de la fondation Hartung-Bergman. 

En quelques mots: Mona a 10 ans. Elle est victime d'une cécité visuelle aussi subite que transitoire, mais qui pourrait devenir définitive. Mais pas de panique, ici nous n'en dirons rien. Un traitement est mis en route, traitement qui donne a penser que la médecine ophtalmo est bien démunie devant ce cas. Le grand-père de Mona, mais n'en disons pas trop, décide de monter à sa petite fille les chef-d'œuvres des musées afin que si elle devait perdre la vue, elle garde la mémoire le BEAU. Joli prétexte pour nous conduire du Louvre au Centre Pompidou en passant par Orsay. Prétexte à  disserter sur l'art de la Renaissance à l'époque contemporaine.  52 promenades de Botticelli à Soulages.

Si la construction du livre peut sembler un tantinet répétitive pour ne pas dire monotone, la leçon d'histoire de l'art est lumineuse et passionnante. Parfois le ton peut paraître pédant (gratuitement il faut le dire), mais ce doit être les restes des études d'histoire de l'art de l'auteur, on lui pardonnera. Thomas Schlesser nous prend par la main - comme Mona - pour nous faire comprendre et aimer ces 52 chef-d'œuvres. Après cette lecture, vous ne regarderez plus une œuvre avec les mêmes yeux. Les vôtres bien sûr, pas ceux de Mona.


vendredi 27 septembre 2024

Note de lecture



Désert

Roman

J.M.G Le Clézio

Prix Nobel de littérature 2008

Édition Gallimard col. Folio

Deux histoires entrecroisées non pour leur action mais pour leur esprit, celui du Sud et l'origine commune des protagonistes. La première qui se déroule entre 1909 et 1912, tandis que la seconde se situe autour des années 70. Deux histoires Qui ont pour cadre principal le Maroc.

Tout d'abord une caravane qui s'achemine vers le Nord depuis la Mauritanie, menée par un chef charismatique, le cheikh Ma el Aïnine (Personnage ayant existé).  Ce n'est pas une caravane de marchands, mais celle d'un peuple en fuite. Poursuivis par les soldats de Mangin, Les hommes du désert, les guerriers bleu, femmes enfants vieillard, avec leur maigres richesses, troupeaux et misère. Au sein de la misérable troupe, un enfant Nour (Lumière).

Le seconde histoire est celle de Lalla. (C'est plus un titre qu'un nom, mais elle est descendante de seigneurs du désert les guerriers bleus). Elle vit dans un bidonville au bord de l'atlantique. Orpheline libre et sauvage, elle doit fuir pour se soustraire à un mariage forcé et se retrouvera à Marseille. À noter ici une description de la ville et plus particulièrement du quartier et de la vie du Panier dans les années 70. N'en disons pas plus.

J.M.G Le Clézio connaît parfaitement cette partie de l'Afrique du Nord-Ouest. Il y a été longtemps diplomate. 

Un très beau roman à lire ou à relire, pour le récit bien évidement, mais aussi pour l'histoire la Grande, et pour le poésie du désert et le merveilleux de ces régions et de ces peuples, âpres et dures, mais ô combien attachants.


vendredi 23 août 2024

Les enfants du Levant


Tout est dans tout, et rien n'est par hasard. 

En poursuivant des recherches sur le peintre Horace Vernet, un nom se fait jour, Pourtalès ou portalès comme on voudra. Le comte James-Alexandre de Pourtalès, ou Jacques-Alexandre de Pourtalès comme également on voudra, c'est la même personne. Ce riche banquier suisse,  protestant à l'implantation internationale et aux multiples passeports est un "client" d' Horace Vernet mais aussi de son gendre Paul Delaroche.  Soit! C'est là que la mémoire a un rôle à jouer. J'avais déjà rencontré ce nom. Laissons la roue tourner. Elle s'arrête net sur une lecture  déjà ancienne qui avait fait l'objet d'un signalement ici même: Les Enfants du Levant de Claude Gritty. 


Voir; 
https://www.blogger.com/blog/post/edit/1899153596320811241/6669671289633272717 

Mais si nous étions bien en famille, il ne s'agissait pas de ce Portalès là! Mais alors qui était-il? fils, neveux, petit-fils de James-Alexandre ? Extrêmement difficile de s'y retrouver dans l'arbre généalogique des Portalès. 

Ultime ressource Wikipedia! Examinons la fiche d'Henri faut de mieux.
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Le 6 août 1857, un citoyen suisse, le comte Henri de Pourtalès achète l'île du levant à Melchior de Grivel. Le 8 janvier 1861, il est autorisé à y créer une colonie pénitentiaire. Ces lieux sont destinés aux jeunes détenus condamnés à un emprisonnement de plus de six mois et qui n'excède pas deux ans ainsi que les acquittés ayant agi sans discernement, mais non remis à leurs parents. Toujours selon la loi, ces mineurs sont « élevés en commun, sous une discipline sévère, et appliqués aux travaux de l'agriculture, ainsi qu'aux principales industries qui s'y rattachent. Il est pourvu à leur instruction élémentaire. » L’idée du législateur en créant les colonies pénitentiaires est de rééduquer les jeunes délinquants, pour la grande majorité coupables de mendicité ou de vagabondage donc issus de milieux pauvres voire sans parents, par des travaux agricoles dans un cadre régi par des règles sociales et religieuses. Ainsi, la colonie agricole pénitentiaire de sainte Anne nait. Les 148 premiers détenus arrivent le 23 mars 1861 et cette main d'œuvre gratuite atteint presque trois cents individus le 28 septembre 1866. L'agriculture est orientée vers la viticulture, avec un vignoble de 40 ha — vin du Titan —, et la fabrication de pipes de bruyère. Ceci suppose d'arracher des souches de bruyère, d'ébarber des racines, de débiter des ébauchons et enfin de lustrer les pipes sur des tourets à polir. Ces tâches s'effectuent dans des conditions de vie difficiles dues à une nourriture frugale, des vêtements en haillon, une hygiène approximative sur un fond de brimades constantes. Des tentatives d'évasion ont lieu ainsi qu'au moins cinq révoltes.



Le 2 octobre 1866, éclate une révolte tragique au cours de laquelle treize enfants sont brulés vifs. Ceci se déroule quatre jours après l'arrivée de 65 nouveaux en provenance de la colonie horticole de saint Antoine proche d'Ajaccio. Cet établissement, qui vient de fermer, est la colonie correctionnelle destinée aux insoumis des colonies agricoles. Cet apport représente un accroissement soudain de 23 % des 283 résidents préalables202. Dès leur arrivée de nombreux « Corses » refusent de travailler. Dans cette ambiance, prenant pour prétexte une mauvaise nourriture, une nuit, après l’extinction des feux, avec force cris les dortoirs sont saccagés. Puis les geôles où se trouvent des camarades punis sont ouvertes. Ensuite les magasins de vivres sont pillés et les révoltés, munis de pioches et de couteaux, s'enivrent. Finalement treize présumés « espiesap » (mouchardsao) sont enfermés dans l'un des magasins auquel est mis le feu. L'ensemble se déroule alors que les gardiens, pourtant armés de sabres et de fusils, et autres adultes n'osent pas intervenir hormis le gardien du sémaphore qui, poussé dans une tranchée, a une jambe cassée et assiste impuissant au drame. Le 4 octobre, acheminés par la gabare à vapeur RobusteI, le sous-préfet, le procureur impérial, un juge d'instruction et le capitaine de gendarmerie à la tête de 14 gendarmes appartenant à deux brigades de gendarmerie ainsi que 70 hommes de troupes de ligne d'une section d'infanterie coloniale arrivent et l'ordre est rétabli. Le procès en assises de seize participants est très largement retranscrit dans la presse nationale et anglo-saxonne à partir des données fournies in extenso par Le Droit et la Gazette des tribunaux. Il en résulte quatre condamnations à des travaux forcés à perpétuité, dix peines de détention allant de 3 à 10 ans et deux acquittements.


La colonie pénitentiaire est évacuée le 23 novembre. Pendant cette période, quatre-vingt-dix-neuf détenus de 10 à 20 ans, soit un peu plus de 9 % des 1 057 détenus, sont morts sur l'île. 
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Depuis 1994, se trouve dans le cimetière une stèle surmontée d'une croix portant sur ses quatre faces le nom des décédés d'alors.

La boucle est fermée! Le banquier suisse, protestant, et un brin esclavagiste on dira aussi peu scrupuleux, s'en tire sinon avec les honneurs, du moins sans y laisser trop de plumes. Dormez tranquille, l'empereur veille disait-on à l'époque! C'était le Second Empire. Une époque où l'argent tenait lieux de morale. Tiens tiens!


En 2021 un opéra poignant est monté, dédié au jeune public et interprété par le chœur d’enfants de la Maîtrise de l’Opéra de Lyon avec un livret de Christian Eymeryet et sous la direction musicale de Karine Locatelli.

Extrait: 

https://www.bing.com/videos/riverview/relatedvideo?q=les+enfants+du+levant&mid=ED7485316114FEA67214ED7485316114FEA67214&FORM=VIRE


mardi 4 juin 2024

Note de lecture


                                                          

HORACE VERNET 

Catalogue de l'exposition Horace Vernet à Versailles - 14 novembre 2023, 17 mars 2024114 NOVEMBRE 2023 - 17 MARS 20244 NOVEMBRE 2023 - 17 MARS 2024

Edit FATON 2023

147 pages 54 €

Une fois n'est pas coutume, mais devrait faire école. Cet ouvrage publié sous l'égide du Domaine national de Versailles est une véritable somme sur l'œuvre et la vie du peintre. Richement illustré, des textes de très grande qualité élaborés sous la direction de Valérie Bajou conservateur général du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, avec une pléiade d'auteurs. Textes de grande qualité, mais tout à fait accessible pour un public non spécialisé. Un livre indispensable pour qui a quelques curiosités sur l'artiste londais d'adoption d'autant plus qu'aucune étude d'importance n'avait été réalisée sur l'artiste à ce jour.
L'exposition comme son catalogue ne font pas l'économie de l'étude critique. En effet si Vernet est passé de l'adulation à l'exécration, des cimaises aux enfers de l'art et à l'oubli presque complet, c'est en raison d'une part des jalousies que suscitaient en son temps sa trop grande réussite picturale et sociale, puis plus tardivement et jusqu'à aujourd'hui le fait qu'il fut le chantre de la colonisation. Tout cela est évoqué bien entendu avec la distance que savent mettre les historiens d'art au regard des passions du temps.
C'est le livre qui faisait défaut.


Alpha et l'Alphagramme ont consacrés à de nombreuses reprises des sujets sur le peintre. Voir dans la colonne mots-clefs la rubrique Horace Vernet, et l'ouvrage "Un château en Provence, Le château Horace Vernet"



vendredi 17 mai 2024

Note de lecture



Beautés de la Provence

Jean-Louis Vaudoyer

Edit Grasset Paris 

Je vous parle aujourd'hui d'un livre qui n'existe pas, ou plutôt qui n'existe plus. Bien que réédité à de nombreuses reprise entre 1932 et 1953, En un ou deux tomes selon les cas. Ne comptez donc pas le trouver chez votre libraire, mais plutôt au hasard d'un vide grenier, ou dans quelques anciennes bibliothèques. Ce n'est pas pour autant qu'il faut vous désespérer! Le marché de l'occasion, le propose parfois, chez les bouquinistes ou en ligne.

Jean-Louis Vaudoyer (1883-1963) est académicien, auteur de très nombreux ouvrages, poésie, essais d'histoire de l'art, romans et nouvelles. Il a été conservateur de musées, commissaire d'expositions, critique d'art, administrateur de la Comédie-Française en 1941, sans pour autant avoir été collaborateur de l'occupant, ce qui lui valu pourtant quelques soucis à la libération. Ami de Marcel Proust et de Jean Giraudoux. C'est le typique intellectuel français au CV bien rempli.



En 1918 démobilisé après quatre année de guerre, il part en Provence. Séjour qui l'émerveille. Il en ramènera ce qui sera un "best-seller:  "Beautés de la Provence" ainsi que d'autres écrits sur la région.

C'est lors d'une réédition en 1943 qu'il prendra la mesure de son ouvrage avec un brin d'aigreur on le comprend. Dans la préface à cette édition, il écrit: "Souvenons-nous de ces années 1818-1920, dans une France qui se croyait victorieuse; que l'on disait victorieuse! Hélas, aujourd'hui ces souvenirs ont une telle saveur d'amertume ... " . Le pays est sous la botte d'un occupant et cette douceur de vivre, ces images de bonheur, ces paysages, ces villes, ces visages rencontrés lui semblent indécents au regard du présent.

Aujourd'hui, nous ne retiendrons que les mots  d'un homme jeune (Il a 35 ans à l'époque), qui redécouvre la vie après quatre années d'horreurs.

Il  s'émerveille de tout. Pour lui, tout est beau. On le devine envouté, succombant au charme. Il mêle poème et prose, et souvent cette prose devient poème. La langue est belle, certains diront surannée, mais c'était il y a plus d'un siècle et les temps ont bien changés. On le sent amoureux. Amoureux de la vie. Des filles (Il s'attarde complaisamment sur elles, avec la distance d'un homme de son temps capable de s'émouvoir d'une cheville entr'aperçue. Nous sommes à des années lumières de "# metoo". Et c'est reposant!

Pérégrinations d'un voyageur d'Avignon à Aix, du Luberon au Var, des Saintes-Maries à Dignes. Portraits, rencontres, parfums, saveurs. Tout le contraire d'un guide et c'en est un bonheur.


vendredi 29 mars 2024

Note de lecture


LIGURIE
Italo Calvino
Traduction de l'italien

Edit NOUS 2023

On ne présente pas Calvino un des écrivains majeurs du XXeme siècle. Grand résistant, auteur de nombreux romans et essais. On se souviendra entre autres du Baron perché, des Villes invisibles... Dans ce petit volume, sont regroupés des textes inédits écrits entre 1945 et 1975 en l'édition bilingue français/italien ce qui ravira je le sais de nombreux lecteurs. 

Tous parlent de la Ligurie, province d'où Italo Calvino était originaire, où il a passé son enfance et sa jeunesse (Il est né à Cuba en 1923 ses parents botanistes exerçaient leur activité avant de retourner à San Remo).
La Ligurie cette langue de terre ingrate faite de pentes et de roches qui s'allonge de Vintimille à La Spézia. Mélange de rudesse paysanne et de frivolité cosmopolite de la Riviera. 

Guide touristique atypique (plus proche de la poésie ou de la déclaration d'amour pour le pays que du Michelin), géographique, économique et sociétal et critique. On objectera que ces écrits datent, mais le recul efface pas ce qui est et il permet de comprendre le présent. 

 "... la véritable description d'un paysage, doit finir par contenir l'histoire de ce paysage, de l'ensemble des faits qui ont lentement à déterminer la forme avec laquelle il se présente aujourd'hui à nos yeux..." écrira Italo Calvino.

Ouvrage indispensable pour qui désire visiter cette terre prisonnière entre mer et montagne afin de la comprendre mieux et qui sait supporter les foules bariolées et moutonnières qui envahissent les Cinq Terres,  le "bling-bling" international de Sanremo et donner l'envie d'aller et de s'arrêter ailleurs que là où s'entasse les foules. 

A ces textes ont été ajoutés six poèmes ayant pour thème également la Ligurie et âpreté du sol, composés pendant la période de la résistance de 1943 à 1945.

A noter, en avant propos, une longue présentation signée par le traducteur Martin Rueff qui éclaire sur l'œuvre et l'attachement de l'écrivain à sa terre. A lire à mon sens après avoir lu les textes eux-mêmes.




mardi 19 mars 2024

Note de lecture


Le Sel de la vie

Françoise Héritier

Edit Odile Jacob 2017

On dira que cette note est hors sujet par rapport aux thèmes qui nous préoccupent habituellement, mais ce petit livre est un bijou de tendresse et une ode aux choses de la vie. C'est la raison de sa présence ici.

Le sel c'est ce petit plus de rien du tout mais qui fait chanter un plat. Le sel de la vie c'est pareil, une petite chose de rien du tout mais qui rend heureux. 

Françoise Héritier est l'anthropologue que l'on sait, élève puis successeur de  Claude Lévi-Strauss au Collège de France.
Dans cet essai sous forme de lettres adressées à un ami elle énumère ces insignifiances qui éclairent nos vies. Le tout à la queue leu leu, sans ordre ni hiérarchie. Mais qu'on ne s'y trompe pas, sous une apparence de légèreté, l'anthropologue veille et nous donne une véritable leçon d'humanité.


mardi 23 janvier 2024

Note de lecture

 



LE PAQUEBOT
Pierre Assouline
folio/Gallimard 2022

Un livre qui commence et s'achève à Marseille.

En croisière que faire sinon s'ennuyer? Alors reste à observer, à regarder autour de soi. Un petit microcosme qui rassemble de façon aléatoire tout ou presque ce que la terre peut porter de diversité. À une nuance près qu'une division horizontale sépare les passagers des différentes classes des premières à la quatrième. Dans ce roman nous resterons en 1ère. Il s'agit du voyage Inaugural d'un géant des mers, en 1932, celui du Georges Philippar sur la ligne Marseille - Yokohama le dernier né de la flotte des Messageries Maritimes. Nous n'y serons donc forcément qu'en bonne compagnie. Rien à voir si vous en avez déjà fait l'expérience avec les croisières actuelles à bord d'un sabot de chez Costa, peuplées de gens d'âge et même hors d'âge ce qui convient mieux vous en conviendrez au cognac ou au whisky. Vous n'aurez pas davantage à voyager avec cette demoiselle qui ayant coiffé sainte-Catherine depuis longtemps espère enfin rencontrer dans ce huis-clos le prince charmant. Non! il s'agit ici d'une croisière de l'entre-deux-guerres, exit le plastic et l'inox, ici règne l'acajou, le palissandre et le cuivre rutilant. Tout n'est que luxe, calme, et volupté, auxquelles il faut ajouter, bon goût, politesse et retenue.
Pierre Assouline est journaliste, écrivain, membre de l'académie Goncourt et du comité de rédaction de la revue L'histoire.

Le Paquebot est un roman, mais ce n'est pas pour autant une fiction. On le comprendra rapidement à la lecture. C'est amusant, cruel parfois, tendre aussi, pas suranné car l'écriture est contemporaine et flirt même parfois avec l'anachronisme de ton (ce que redoute l'auteur pardessus tout). Au delà de tout ça, c'est la chronique d'une société en train de vivre la montée du nazisme et l' imminence de la guerre. Le lecteur ne manquera pas d'y voir des allusions à notre époque. Halte là! Je ne vais pas tout vous dire.
Truffé de références littéraires, d'aphorismes de l'auteur qui plaide coupable et s'en amuse: "... À force de faire des citations, fera-t-il dire à un de ses personnages, vous mourrez un jour d'une rupture d'aphorisme!"

Dans les premières pages on pense à une agréable lecture de vacances, mais peu à peu la tension (retenez bien ce mot) monte et au fur et à mesure que l'on s'enfonce dans le texte.

À lire, un entretien avec Pierre Assouline:
https://www.lorientlejour.com/article/1301402/sur-un-paquebot-le-naufrage-dun-monde.html



vendredi 17 novembre 2023

Communiqué des Amis de Jean Aicard

 

Chers amis,

Les Bénévoles de l'Oustaou de Maurin des Maures

vous informent avec plaisir des animations créées autour

de Jean Aicard dont ils maintiennent le souvenir.

Comptant sur votre fidélité et avec toute notre sympathie,

Gilberte Delpeuch




vendredi 15 septembre 2023

Note de lecture


Les Javanais

Jean Malaquais

édit Libretto                



J'avoue j'en ai bavé! Pas vous?

Eux si! Ce sont les ouvriers mineurs des Maures. Ça n'est jamais dit, mais nous le savons, ne nous trompons pas, c'est de La londe qu'il est question. 

Années 30, Jean Malaquais descend à la mine. Il connaît son sujet pour y avoir trimé et (s')en être sorti. 

De cette rude expérience naîtra un roman, son premier: Les Javanais, qui obtiendra le prix Renaudot.

Ils sont espagnols, turcs, italiens, Polonais, lituaniens, allemands, arabes mais aussi arméniens, et parfois en famille avec femmes et enfants. Pas tous des enfants de Marie. Ils ont atterri (échoué) là pour faire le dernier des métiers. Dangereux, insalubre, mal payé. Mais que faire quand on est proscrit, exilé, apatride en délicatesse avec les autorités de son pays? La mine réclame des bras et n'est pas regardante. Tout à côté par opposition le travail à l'usine d'armement ressemble à un paradis. Ils sont cantonnés dans des baraquements sans confort. Pas d'eau courante bien évidemment; ".. (ça) embaumerait le Peau-Rouge d'avant l'invention de l'eau". Ce quartier on l'appelle "l'île de Java" et eux Les javanais. Leur consolation, c'est trop souvent le vin qui coule à flot et puis la maison close où à défaut d'y soigner son cœur on y trouve l'oubli de temps d'une passe. Leur langue c'est le "javanais", c'est-à-dire, un mélange improbable de tous les idiomes de la terre et qui leur permet à peu près de se comprendre .

Jean Malaquais est né Wladimir Malachi en Pologne. En 1926 à 18 ans il arrive en France. Après avoir connu la vie d'ouvrier, d'apatride, Il se lie d'amitié avec André Gide qui le pousse à écrire. Jean Giono et... Trotski seront admirateurs. 

Sa plume? Vive alerte, souvent verte, truculente et volontairement  dépourvue d'académisme mais riche. En cela il fait penser à certains de ses contemporains et confères, en osant on dira: Antoine Blondin ou Francis Carco, mais il est résolument positionné à gauche ses engagements et ses écrits en témoignent. Il décédera à Genève en 1998.

Début juillet, La ville de La Londe-les-Maures lui a rendu hommage en donnant son nom au théâtre des Bormettes.

A lire ou à relire 

Et pour compléter lors 40 èmes JOURNEES EUROPEENNES DU PATRIMOINE à La Londe:

Malaquais et les Javanais aux Bormettes

Samedi à 10h

Découvrez, le temps d'une visite guidée, le quotidien des ouvriers du quartier des Bormettes à travers le

roman « Les Javanais » de Jean Malaquais. Marchez dans les pas des ouvriers de la mine et de l'usine de

torpilles Schneider des Bormettes. Mêlant histoire et littérature, cette visite vous plonge dans la vie de ces

travailleurs grâce à la lecture d'extraits du roman « Les Javanais » de Jean Malaquais accompagnées

d'images d'archives de la mine et du quartier des Bormettes.

Incontournable

Nouveauté

Durée : 2h - Distance : moins de 2 km.

Visite assurée par Eléna Alonso en collaboration avec l’association MALTAE.

vendredi 8 septembre 2023

Note de lecture


Marie-Laure de Noailles

La vicomtesse du bizarre

par Laurence BENAÏM    


édit Taillandier TEXTO


 Née en 1902 dans une famille issue de la vieille aristocratie française d'une part  et de banquiers juifs d'autre part, l'une détestant l'autre mais chacune étant indispensable à l'autre, [Page 110: Des juifs, Laure de Chevigné (la grand-mère de Marie-Laure) avait tout accepté, à commencer par l'argent. ]Marie-Laure passe sa jeunesse à Grasse dans le confort quelque peu étouffant que donne la tradition et l'opulence. Enfance d'une petite fille riche dans un univers triste et compassé. Elle est descendante du marquis de Sade pour le côté aristocratique et liée aux Proust pour la part grand bourgeois. Un mélange détonant qui devait donner le destin hors norme de la dame de la Villa Noailles. Prise entre le feu d'un conformisme étouffant et les feux d'une modernité pour qui toutes les audaces étaient possibles, elle fut l'égérie, de tout ce qui a compté ou presque dans le domaine des arts du début du 20eme siècle.  Avec son époux le vicomte Charles de Noailles ils furent les hôtes dans leur villa hyéroise et les mécènes de Man Ray, Louis Buñuel pour n'en citer que deux. Jean Cocteau fait depuis toujours parti des intimes.


Laurence BENAÏM est journaliste, responsable de la rubrique mode du Monde, elle a signé une bibliographie d' Yves Saint-Laurent ainsi que plusieurs ouvrages sur l'histoire de la mode. Elle nous livre en 450 pages un éclairage nouveau sur la vicomtesse. 

Livre terriblement documenté, érudit même, parfois trop peut-être. On pardonnera cela aisément à l'auteure dont la culture est gigantesque sur le sujet, comme on lui pardonnera un certain ton mondain auquel on se laisse prendre au jeu agréablement, d'autant plus que nous baignons ici dans le "Gotha, le gratin" comme elle se plaît à l'appeler. On n'est pas chroniqueuse de mode impunément! A noter tout de même quelques imprécisions qui surprendront le lecteur cinéphile.

Autant le roman d'une femme, c'est celui d'un temps, qui s'étire de la Belle Époque aux Années Folles puis jusqu'aux années d'après guerre.  C'est aussi le roman d'un monde d'oisifs, frivole, replié sur lui et qui semble ignorer les vicissitudes du monde qui l'entoure et dont la préoccupation principale est de tromper l'ennui. Hors sol dit-on de nos jours? Marie-Laure n'est pas uniquement de ceux-là, elle est espiègle curieuse, inventive, volontiers provocatrice et tandis que le mariage enferme bien des femmes de son milieu dans les convenances, le sien la libère. Le couple Noailles fera preuve d'un très grand  courage dans leur défense des surréalistes. 

Les artistes trouveront dans cet univers leurs Pygmalion. 
C'est l'histoire d'une femme (d'un couple) qui vécut un rêve (surréaliste) hors du temps (de l'époque), d'une folie dans des années qui ne l'étaient pas moins, d'une classe oisive et passablement décadente.

PS: Cette année la Villa Noailles de Hyères fête ses 100 ans


samedi 2 septembre 2023

Une histoire gommée



50 ans après la mort de Jean Giono, une partie de sa vie reste cachée. Notamment, ses liaisons amoureuses, gommées de sa biographie officielle. L’écrivain Jack Meurant, passionné de Giono a décidé de rétablir la vérité dans un essai intitulé "Les femmes de Jean Giono, secrets et passions".

Article à lire et à voir sur:

https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/essais-histoire/a-digne-un-ecrivain-se-penche-sur-le-role-des-maitresses-de-jean-giono-effacees-de-sa-biographie-officielle_5181757.html


mardi 4 juillet 2023

Note de lecture

 


                                                          La Préhistoire en 100 questions
                                                          par Jean-Paul DEMOULE 

                

Édit Tallandier/Texto


Ça aurait pu être la Préhistoire pour les nuls, mais c'est mieux que cela. C'est un ouvrage de vulgarisation bien fait, pédagogique comme il faut et pas "bébête". Bien sûr ça ne fera pas de vous un archéologue, mais c'est une excellente révision si vous connaissez déjà bien le sujet. L'essentiel y est, suffisamment développé et accessible aux non-spécialistes.
Pourquoi les espèces humaines ont-elles évoluées? Qui fut le 1er homme? Évolutionnisme et créationnisme. Les premières navigations, et 1000 autres choses (Pardon! 100).
Ça se lit comme un récit d'aventure, car c'en est une: l'aventure humaine. En plus, ce n'est pas dépourvu d'humour, ce qui ne gâche rien!
A lire en pensant que le fait préhistorique n'est pas uniquement une vieille histoire, mais un miroir sur notre présent et notre avenir.
Jean-Paul DEMOULE est archéologue, professeur émérite de Paris 1 Sorbonne.

À suivre prochainement: une certaine idée de la préhistoire...


jeudi 8 juin 2023

NOUVEAU


ALPHA a le plaisir de vous informer de sa dernière publication (la 7e) à
propos de l'histoire de la Londe. Il s'agit de: " Le château Horace
Vernet- La Londe les Maures-Les grandes heures d'une demeure Provençale"
par Jean-François Guilbaud.

Dans cet ouvrage magnifiquement illustré, l'auteur rencontre le fantôme
du célèbre peintre qui lui relate sa vie rocambolesque et artistique
depuis la Révolution en passant par la plupart des régimes politiques du
XIXe siècle et la construction de son château aux Bormettes, lieu de
résidence vers la fin de sa vie. Au travers de ses divers propriétaires
et jusqu'à notre époque, ce monument, emblématique de la création et de
l'histoire de notre commune, est donc lié au monde de l'art, de
l'industrie minière, mais aussi de la "Royale", des mouvements
éducatifs, de l'espionnage et de l'Occupation, des technologies de
pointe jusqu'au projet d'habitations actuel dans un cadre idyllique.

Pour ALPHA JP ORCIER



Horace Vernet s’installe aux Bormettes.

«... Je rejoignis à Hyères mon ami le colonel Olivier Voutier, celui-là même qui découvrit la Vénus dite de Milo. Je réalisai alors un rêve que je tenais depuis fort longtemps. Je fis l’acquisition d’une propriété au lieu-dit des Bormettes à Hyères, domaine qui avait jadis fait partie des biens des chartreux de La Verne de Collobrières et j’entrepris la construction du château quevous connaissez.

C’était en 1855...»

Emblématique du village provençal qu’est La Londe-les-Maures, le château Horace Vernet raconte l’Histoire: «la Petite» d’abord, qui s’inscrit dans une beaucoup plus large et qui témoigne de «la Grande». Plus de deux siècles s’écoulent de la naissance du grand «peintre d’histoire», en 1789, à nos jours. Deux siècles qui ont vu bouleversements politiques et tragédies, changements, développements et évolutions de nos sociétés. Horace Vernet est l’indispensable témoin de ce qui mériterait le nom d’épopée.

C’est de tout ça dont il est question dans cet ouvrage.

En vente auprès de l'association, à Office de Tourisme de La Londe, à Intermarché. 15€

Par ailleurs à signaler la réédition du SPICILÈGE dont la première édition était épuisée.