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vendredi 5 avril 2024

“Paris 1874”

 

Dessin de Conty pour Télérama


Il y a cent cinquante ans, trente et un artistes, dont Monet, Renoir, Degas, Morisot ou Pissarro, se réunissaient pour ce qui sera la toute première exposition « impressionniste ».
Révolution esthétique qui fait suite au coup de pied dans la fourmilière de l'art du XIXeme siècle donné par le romantisme d'abord puis du naturalisme ensuite. Cette révolution devait ensuite ouvrir la boite de Pandore de la création et ouvrir sur les bouleversements successifs du XXeme siècle. Fauvisme, cubisme, abstraction etc..
Bienvenue dans les temps modernes!

vendredi 6 octobre 2023

Une exposition à voir



Au musée de l'Annonciade à ST Tropez et jusqu'au 14 novembre, une exposition qui porte sur la mise en valeur d’un des artistes majeurs du néo-impressionnisme, Henri-Edmond Cross, afin de montrer l’aspect pionnier de son art qui a ouvert la voie au fauvisme et à l’abstraction.

Si ce mouvement pictural est prisé du public grâce aux expositions qui lui ont été consacrées ces dernières années, l’ambition est de faire la démonstration d’un propos cohérent avec le lieu, le territoire.

Le projet se focalise sur les œuvres directement inspirées par les paysages varois. Car Cross est un des premiers peintres du Nord à s’installer dans le Var en 1891. Dès lors, émerveillé par les panoramas qui l’entourent, il devient le chantre de la lumière et des couleurs.



On a pu dire que son talent consistait à « peindre en vers ».

Henri-Edmond Cross (1856- 1910)  de son vrai nom  Delacroix. On peut aisément imaginer les raisons qui lui ont fait transformer son patronyme pour son nom d'artiste.

Né à Douai il décède Au Lavandou.

mardi 7 février 2023

Peinture sociale

 




Le musée des Beaux Arts de Pau, qui possède une très belle collection dont le "Judith et Holopherne" d'Horace Vernet présente également au public un tableau signé Jules Adler: "La Grève au Creusot, 1899".

On ne manquera pas de faire le lien avec l'usine Schneider des Bormettes. L'usine du Creusot étant le navire amiral de l'empire industriel de la famille Schneider.

Jules Adler (1863- 1952) dit " le peintre des humbles" est rattaché au courant artistique "naturaliste", très important à la fin du XIXe dont le "pape" en littérature sera Émile Zola et était représenté dans pratiquement tous les arts. Le naturalisme épousait principalement à la cause sociale, et s'intéressait à la misère ouvrière de l'époque. Le naturalisme inspirera le "vérisme" en Italie, qui s'est particulièrement illustré dans l'opéra.

Très engagé, Adler prendra fait et cause activement pour le Capitaine Dreyfus. Il crée également une cantine et un vestiaire d'aide aux artistes. En mars 1944 il est arrêté sur dénonciation et échappe de peu à la déportation.

Le 29 mai 1899, une grève éclate aux ateliers de construction et à la grande forge. Le lendemain 30 mai, elle s'étend à l'ensemble de l'usine. 9 000 ouvriers débrayent, réclamant une augmentation générale des salaires et "plus d'égards de la part des chefs". Le 31 mai est créé le Syndicat des Ouvriers Métallurgistes du Creusot et dépendances (SOM). Le soir même, il enregistre 6 000 adhésions. Le Creusot est occupé militairement. Le 2 juin, après avoir échoué à faire rouvrir les usines, Eugène Schneider cède à l'essentiel des revendications, mais refuse de reconnaître le syndicat. Les ouvriers reprennent le travail.
C'est cet épisode de la lutte sociale que représente ici Jules Adler. Ce tableau fera date, et les critiques et historiens d'arts ne manqueront pas de comparer cette œuvre avec celle de Delacroix, La liberté guidant le peuple dont elle semble s'inspirer si ce n'est dans la composition, du moins dans l'esprit.



vendredi 9 septembre 2022

La peinture au service de la mémoire

 



La toile reproduite ci-dessous fait partie des collections de la Ville d'Hyères et est exposée au musée de la Banque. Nous la devons au peintre Vincent Courdouan. Cet artiste né en 1810 à Toulon et décédé dans cette même ville en 1893 fut à son époque un paysagiste de renom et nommé peintre officiel de la marine à l'âge de 39 ans. Une consécration en même temps que l'assurance pour lui d'un confort matériel, ce qui n'est pas négligeable pour un artiste.




La vue représente le site de Argentière que chacun reconnaîtra et date de 1882. Elle est réalisée en format marine. On y voit sur la gauche le château Horace Vernet puis s'étendant vers la droite la rade avec successivement, la pointe de l'Argentière puis vraisemblablement le cap de Léoube à moins que ce ne soit le cap de Brégançon ce qui est moins probable. En arrière plan on distingue les îles. Au premier plan des roches qui pourraient appartenir au pic St George et ensuite une étendue plate de couleur ocre sans aucun doute des cultures puisque le peintre y a déposé des paysans au travail avec des animaux (des bœufs?) et plus loin ce qui ressemble à des prairies, juste avant les bouquets d'arbres qui les séparent de la mer. Comme nous sommes en 1882 les transformations du château faites par Victor Roux n'apparaissent pas.

Aujourd'hui la végétation et les constructions ne permettent pas de situer avec précision le point de vue, d'autant que le peintre a fort bien pu pour des raisons artistiques et d'équilibre de la toile, modifier les perspectives et l'ordonnancement du paysage voire simplifier. Il n'aurait pas été le premier à le faire.
Néanmoins ce tableau est un témoignage tout à fait intéressant pour voir l'évolution du site en 140 ans.
Vincent Courdouan, dont il était l'ami a peint cette toile, après la mort d'Horace Vernet, disparu en 1863.

vendredi 8 avril 2022

Horace Vernet: Bataille de Samosierra

















Ce document qui relate un moment de l'histoire de la Pologne est immortalisé par Horace Vernet. Le tableau fait partie de la collection du Musée national de Varsovie. Un film court et spectaculaire réalisé à des fins pédagogiques par le musée.

Napoléon Bonaparte conquiert l’Europe. La participation aux guerres napoléoniennes donne aux Polonais l’espoir de vaincre les envahisseurs et de retrouver leur indépendance. Les Polonais, combattant héroïquement et sacrificiellement dans l’armée de Napoléon, acquièrent une renommée immortelle – entre autres grâce à la charge dans les gorges de Somosierra en novembre 1808.


À voir :  ici

Presque de l'actualité.



mardi 23 mars 2021

Le jeu des 7 erreurs?



Il est courant en peinture qu'un artiste exécute plusieurs versions d'un même sujet. Ou que des copies d'un tableau soit faites par d'autres. Mais qu'un artiste fasse une copie de sa propre œuvre est moins habituel. Pourtant deux exemples intriguent. Le premier on le doit au Caravage. Les amateurs d'art connaissaient "La Madeleine en extase" dite de Klain. Mais voici qu'en 2015 on découvre une autre Madeleine. Identique à l'autre à quelques détails près et authentifiée tout également. Le mystère reste entier. Qu'est-ce qui a pu pousser le maître à refaire cette toile? D'autant qu'il ne s'agissait pas d'une commande, mais d'un travail personnel. 





L'autre exemple nous le devons à Horace Vernet et illustre bien sa personnalité.
Le musée Calvet d'Avignon possède deux tableaux du peintre illustrant la légende de Mazzepa (*) quasiment identiques. Ici l'histoire est moins mystérieuse. 














Cette œuvre terminée et prête à être livrée ayant été endommagée par Horace Vernet lui-même dans son atelier, alors qu’il s‘exerçait à l’escrime. Horace Vernet décida d'en réaliser une réplique . L’auteur fit don de l'original (réparé) en 1826 à la Fondation Calvet. La réplique fut acquise postérieurement par la Fondation.

(*) Selon la légende le jeune Mazeppa (1639-1709), un noble ukrainien, alors qu’il était page à la cour du roi polonais Jean II Casimir Vasa, noua une relation amoureuse avec une comtesse mariée à un homme plus âgé. Le mari l'ayant surpris en flagrant délit d'adultère, Mazeppa fut attaché entièrement nu, le corps enduit de goudron, sur le dos d'un cheval sauvage qui l'emporta au fin fond des steppes ukrainiennes où il fût attaqué par une meute de loup.