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mardi 18 août 2026

Posidonies mon cher souci

Le blog ALPHAGRAMME reprend du service après quelques repos estivaux. Cette reprise à lieu sous le signe de la mer, avec un "post" sur la posidonie.
Bonne lecture.



Science post, est un magazine pluridisciplinaire de vulgarisation scientifique par internet. Tenu et mené par une équipe de journalistes scientifiques et de chercheurs
Science post publie des articles dans des domaines variés : biologie, physique, écologie, histoire, médecine, technologies etc.. et une multitude de curiosités.
A consulter régulièrement.

https://sciencepost.fr





Au mois de juin dernier, Science post s’est intéressé aux plages. Nous reproduisons ici cet article qui ne manque pas d’intérêt.

En retirant ces banquettes brunes pour plaire aux touristes, les communes ont littéralement accéléré la disparition de leurs propres plages

Chaque automne, les plages méditerranéennes se couvrent d’un épais matelas de feuilles brunes et froissées. Des tonnes de débris végétaux que l’on appelle banquettes de posidonie. Pendant des décennies, la réaction quasi automatique des communes littorales a été d’envoyer des tractopelles pour faire disparaître ce spectacle jugé peu vendable. Résultat ? Ces mêmes plages perdent désormais plusieurs mètres de sable par saison. Le paradoxe est brutal : en voulant rendre leurs plages plus attractives, les municipalités ont accéléré leur propre disparition.
Un bouclier naturel confondu avec un déchet
La posidonie (Posidonia oceanica) est une plante endémique de la Méditerranée qui pousse entre la surface et 40 mètres de profondeur, formant de vastes herbiers au rôle central dans l’écosystème marin. Ce n’est pas une algue, même si la confusion est quasi universelle chez les baigneurs. Lorsque les feuilles de posidonie meurent, elles se détachent naturellement et sont poussées par les courants jusqu’aux plages. C’est là qu’elles forment ces fameuses banquettes, épaisses, sombres, parfois malodorantes, et perçues comme le signe d’une plage mal entretenue.

Bien que la posidonie soit une plante protégée depuis 1988, il était d’usage pendant de nombreuses années de retirer les banquettes des plages. Cette coutume était une réponse « à des stéréotypes touristiques de la plage de sable blanc, tout fin, avec des cocotiers : plutôt que d’aller aux Antilles, on a essayé de reproduire les Antilles sur le littoral méditerranéen, et donc, on a dénaturé notre paysage littoral. » Le cercle vicieux est alors enclenché : on a pris l’habitude de retirer ces banquettes, une pratique contraire à la loi qui interdit le déplacement de la posidonie depuis 1988. Mais sans banquettes, plus de sable.

Pour compenser ce sable perdu, les communes ont recouru aux rechargements artificiels. Depuis quelques décennies, des milliers de tonnes de sable, souvent un sable de carrière abrasif, sont déversés sur les plages de Provence-Alpes-Côte d’Azur. La gestion des plages avec le retrait des banquettes est une catastrophe écologique, en plus d’être un fardeau économique pour les municipalités côtières. Et un fardeau qui se renouvelle chaque année, puisque ce sable importé, non stabilisé par la posidonie, repart à la mer dès la première tempête.

Ce mélange hétérogène de posidonie broyée et de sable est facilement disloqué et emporté lors des tempêtes, et le sable s’accumule sur le fond de galets pour former des rivières de sable s’étendant de plus en plus vers le large dans les herbiers au fil des années. La dégradation est donc double : la plage rétrécit en surface et les herbiers sous-marins s’étouffent sous les sédiments, affaiblissant encore davantage la protection naturelle à long terme.

Bien que la posidonie soit une plante protégée depuis 1988, il était d’usage pendant de nombreuses années de retirer les banquettes des plages. Cette coutume était une réponse « à des stéréotypes touristiques de la plage de sable blanc, tout fin, avec des cocotiers : plutôt que d’aller aux Antilles, on a essayé de reproduire les Antilles sur le littoral méditerranéen, et donc, on a dénaturé notre paysage littoral. » Le cercle vicieux est alors enclenché : on a pris l’habitude de retirer ces banquettes, une pratique contraire à la loi qui interdit le déplacement de la posidonie depuis 1988. Mais sans banquettes, plus de sable.

Pour compenser ce sable perdu, les communes ont recouru aux rechargements artificiels. Depuis quelques décennies, des milliers de tonnes de sable, souvent un sable de carrière abrasif, ( les grains de sable comme les galets d’origine fluvial ont une granulométrie et des formes différentes de ceux d’origine marine. NDLR) sont déversés sur les plages de Provence-Alpes-Côte d’Azur. La gestion des plages avec le retrait des banquettes est une catastrophe écologique, en plus d’être un fardeau économique pour les municipalités côtières. Et un fardeau qui se renouvelle chaque année, puisque ce sable importé, non stabilisé par la posidonie, repart à la mer dès la première tempête.
Ce mélange hétérogène de posidonie broyée et de sable est facilement disloqué et emporté lors des tempêtes, et le sable s’accumule sur le fond de galets pour former des rivières de sable s’étendant de plus en plus vers le large dans les herbiers au fil des années. La dégradation est donc double : la plage rétrécit en surface et les herbiers sous-marins s’étouffent sous les sédiments, affaiblissant encore davantage la protection naturelle à long terme.

Marseille comme cas d’école, cinq ans trop tard
des couches successives de sable et d’herbes qui créent un barrage naturel à la progression de la mer. Ce dispositif fonctionne sur le même principe qu’une éponge : ce mille-feuille de posidonie retient le sable et freine l’érosion côtière. Cette plante sous-marine, ramassée et bannie des plages marseillaises jusqu’en 2023, est aujourd’hui vue comme une solution. La ville a lancé une expérimentation dite du « mille-feuille » :

Les résultats sont là, et ils sont frappants. Sur la plage du Prophète, plusieurs mètres de sable auraient été récupérés en une seule saison, permettant même de préserver un parking à bateaux menacé par l’érosion. Un plongeur habitué de la Pointe Rouge le résume crûment : « il y a deux ou trois mois, il n’y en avait pas beaucoup et la plage avait réduit d’au moins deux mètres. Les gens trouvent ça sales parce qu’ils pensent que c’est une algue, mais c’est juste la nature. »

La cité phocéenne compte bien « être un cas d’école pour d’autres communes. » L’expérimentation des mille-feuilles se déroule jusqu’en 2027. En parallèle, la Charte d’engagement « Pour des plages de caractère en Méditerranée » propose à tous les maires des communes littorales de s’engager à maintenir les banquettes de posidonie le plus longtemps possible sur leurs plages, idéalement jusqu’à début mai. À ce jour, l’adhésion reste encore marginale au regard du linéaire côtier concerné.
Quand la pédagogie doit compenser des décennies d’erreurs
Le verrou n’est pas technique. Il est culturel. Ces banquettes sont généralement peu appréciées des baigneurs et touristes non informés, qui considèrent cette accumulation comme un signe de mauvais entretien. Convaincre un vacancier que la plage « propre » qu’il cherche est en réalité une plage maltraitée demande un effort de communication que peu de communes ont encore consenti à faire.

Certaines communes du Var ont pourtant ouvert la voie. Le Lavandou s’engage à conserver les banquettes de posidonie en toute saison. Après des années d’expérimentation, la ville a déployé une stratégie renforcée de gestion raisonnée du sable consistant à adapter le nettoyage : le nettoyage manuel est privilégié sur toutes les banquettes, et les agents interviennent quotidiennement pour enlever manuellement les déchets d’origine humaine sans toucher aux posidonies. Un modèle qui prouve qu’il est possible de réconcilier propreté perçue et préservation réelle.

La Stratégie nationale Biodiversité 2030 vise désormais « 100% des herbiers de posidonie de Méditerranée sous protection forte. » Sur le papier, l’ambition est là. Mais la posidonie est une espèce protégée depuis longtemps (1988), sans que la destruction ou la dégradation de ces vastes prairies aient pu être enrayées. L’enjeu n’est donc plus réglementaire : il est dans la capacité des élus locaux à résister à la pression des opérateurs touristiques et à expliquer à leurs administrés que la plage brune et touffue de septembre est la condition de la plage large et ensoleillée de juillet.

mardi 18 février 2025

Environnement


Il suffit de regarder autour de soi. Elle est présente partout. Au bord des routes, dans les friches, le long des rivières, et parfois encore dans quelques jardins. Elle est belle, surtout en fin d'été, avec ses plumets blancs qui s'agitent au vent. Elle est originaire d'Amérique du Sud. 

Elle est ornementale, belle en bouquet sec et pourtant malgré cela c'est une indésirable. Vous l'aurez reconnue, c'est l'Herbe de la pampa.



Invasive, elle s'est échappée des jardins dont elle a fait les beaux jours. Chaque hampe mure libère des milliers de graines légères qui se répandent autour d'elle au gré des vents et donneront naissance à de nouveaux pieds. Cette capacité de reproduction étonnante nuit à la biodiversité. Elle élimine ses voisines autour d'elle, restant souvent seule en scène. D'années en années on la voit proliférer, coloniser de nouveaux espaces. 

C'est pour cela qu'après d'autres pays, la France en a interdit en  2024 la culture, la vente, la détention, le transport, l'échange. 

Dommage mais nécessaire !

Tout ceci n'est pas sans rappeler l'aventure de l'acacia plus communément nommé mimosa, plante importée qui sur des berges des ruisseaux et des rivières entra en concurrence avec le laurier rose, arbuste indigène et fini par le faire disparaître presque partout. On dira que le mimosa enchante nos hivers... mais tout de même! Tout ceci n'est pas sans rappeler l'aventure des griffes de sorcières dont on connaît les qualités pour fixer le sable des plages et des dunes mais qui oblige parfois à procéder à des campagnes d'arrachage tant elle est envahissante et destructive d'autres espèces. 


vendredi 21 juin 2024

Randonnées naturalistes

 Un guide pour 4 randonnées en Provence, Alpes, Côte d'Azur.

Les Calanques, l'Esterel, les Maures



Avec l'été qui arrive dès aujourd'hui (Hé oui nous sommes le 21 juin),  il n'est plus temps de randonner à nos altitudes. Mais il est encore temps (car il est toujours temps), de rêver en attendant la fraîcheur de d'automne.

Daniel Martineau naturaliste nous propose des itinéraires de découvertes naturalistes de la frontière italienne aux calanques de Cassis avec des paysages où la mer est étale, immense et somptueuse. Pour maintenir un dialogue permanent avec elle. 

Les plantes, les paysages, les minéraux, la faune, les hommes.





52 mn pour rêver, et c'est ICI:

https://www.youtube.com/watch?v=5N-IhfFB2mo


mardi 24 octobre 2023

Droit de passage!



L'affaire a fait quelques remous. Quelque 500 personnes se sont réunies le dimanche 15 octobre au col de Marcieu (Isère), aux pieds du massif de la Chartreuse, pour demander un "libre accès pour tous à la nature", après qu'un propriétaire privé a interdit aux randonneurs de passer sur ses terres.

Depuis une loi du 2 février 2023, la présence de panneaux d'interdiction d'entrer permet d'opposer une contravention de 4e classe au fait de "pénétrer sans autorisation dans une propriété privée rurale et forestière".

Les choses sont claires. Respect de la propriété privée. Droit fondamental. Chacun est maître chez soi. Reste que dans des régions - nous n'en citerons aucune - où la propriété privée occupent 90% de l'espace naturel, avec les propriétaires qui ignorent parfois qu'ils le sont et quelles sont les limites de leurs biens, restreindre le passage et l'accès peut être mal vécu.


Les arguments avancés sont ceux de la protection de la nature. Chacun sait que les randonneurs de tous poils sont de grands destructeurs. Çà peut être vrai, mais de toute évidence marginal. Moins avouables, les raisons sont celles de se garder pour soi seul ou presque même si on n'y met jamais les pieds des espaces au simple principe du droit.

On va retrouver ici l'éternel concurrence entre les différents "utilisateurs" de l'espace naturel. Marcheurs, vététistes, cavaliers, chasseurs de champignons et de bêtes à plumes ou à poils, pique-niqueurs, herboristes et tant d'autres. 

Où est la solution? Si seul l'espace public reste accessible il ne restera bientôt plus que le goudron et les parkings. 

À travers le monde, les choix sont très différents voire opposés. Des parcs américains où il faut payer un droit d'entrée - L'ONF toujours à la recherche de financements en a parfois la tentation - aux pays où le libre accès existe comme la Finlande, l’Estonie ou la Suède, il est même inscrit dans la constitution depuis 1994.

Maintenant le fait de disposer du droit de pénétrer dans un espace naturel qu'il soit public ou privé ne signifie pas y faire n'importe quoi et si on veut pouvoir continuer à les fréquenter il faut pouvoir les respecter. Çà va sans dire, mais ça va mieux en le disant.

En attendant une proposition de loi va être déposé pour abroger la contravention instaurée par la loi du 2 février 2023. Une première pierre vers la solution d'un problème que la révolution de 1789 pensait avoir résolu. À suivre.


vendredi 5 mai 2023

« OPÉRATION ESCARGOTS »


PROGRAMME DE SCIENCES PARTICIPATIVES À PARTIR D’AVRIL.

Hé oui! les escargots et les limaces font partie du patrimoine. Qui s'en serait douté?



Ces petites bêtes parfois comestibles mais qui sont de redoutables prédateurs pour nos salades, le Muséum national d’Histoire naturelle nous propose de nous y intéresser en participant à une étude scientifique. Pas besoin d'être docteur en biologie pour cela, il suffit de suivre un protocole d'observation simple.


« Opération Escargots » est un programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’Histoire naturelle, l’association Noé et l’Office français de la biodiversité. Il consiste à faire appel à tous, afin de recenser les différentes espèces présentes sur le territoire. Il suffit d'avoir un bout de jardin, une planche ou une coupelle en poterie et de photographier les gastéropodes qui s'y sont réfugiés et l'envoyer les photos en respectant un protocole scientifique simple disponible sur: 

https://www.qubs.fr/operation-escargots



vendredi 18 février 2022

Au Lavandou

















Michèle Lambinet nous suggère une idée de sortie.


















http://moro.claude.free.fr/BA/index.html

après apparition du mimosa et des cartes
cliquer
 sur le mot "entrez "
puis sur "et Le Lavandou"



vendredi 21 janvier 2022

Vidéo environnement



Yves Boyer nous propose une vidéo qui s'interroge sur l'environnement et les patrimoines environnementaux de notre voisine Hyères. Un document de grande qualité, qui donne la parole aux principaux acteurs régionaux: Élus, associations, institutionnels.

A voir absolument. 

Et c'est ici:   ici