vendredi 17 mai 2024

Note de lecture



Beautés de la Provence

Jean-Louis Vaudoyer

Edit Grasset Paris 

Je vous parle aujourd'hui d'un livre qui n'existe pas, ou plutôt qui n'existe plus. Bien que réédité à de nombreuses reprise entre 1932 et 1953, En un ou deux tomes selon les cas. Ne comptez donc pas le trouver chez votre libraire, mais plutôt au hasard d'un vide grenier, ou dans quelques anciennes bibliothèques. Ce n'est pas pour autant qu'il faut vous désespérer! Le marché de l'occasion, le propose parfois, chez les bouquinistes ou en ligne.

Jean-Louis Vaudoyer (1883-1963) est académicien, auteur de très nombreux ouvrages, poésie, essais d'histoire de l'art, romans et nouvelles. Il a été conservateur de musées, commissaire d'expositions, critique d'art, administrateur de la Comédie-Française en 1941, sans pour autant avoir été collaborateur de l'occupant, ce qui lui valu pourtant quelques soucis à la libération. Ami de Marcel Proust et de Jean Giraudoux. C'est le typique intellectuel français au CV bien rempli.



En 1918 démobilisé après quatre année de guerre, il part en Provence. Séjour qui l'émerveille. Il en ramènera ce qui sera un "best-seller:  "Beautés de la Provence" ainsi que d'autres écrits sur la région.

C'est lors d'une réédition en 1943 qu'il prendra la mesure de son ouvrage avec un brin d'aigreur on le comprend. Dans la préface à cette édition, il écrit: "Souvenons-nous de ces années 1818-1920, dans une France qui se croyait victorieuse; que l'on disait victorieuse! Hélas, aujourd'hui ces souvenirs ont une telle saveur d'amertume ... " . Le pays est sous la botte d'un occupant et cette douceur de vivre, ces images de bonheur, ces paysages, ces villes, ces visages rencontrés lui semblent indécents au regard du présent.

Aujourd'hui, nous ne retiendrons que les mots  d'un homme jeune (Il a 35 ans à l'époque), qui redécouvre la vie après quatre années d'horreurs.

Il  s'émerveille de tout. Pour lui, tout est beau. On le devine envouté, succombant au charme. Il mêle poème et prose, et souvent cette prose devient poème. La langue est belle, certains diront surannée, mais c'était il y a plus d'un siècle et les temps ont bien changés. On le sent amoureux. Amoureux de la vie. Des filles (Il s'attarde complaisamment sur elles, avec la distance d'un homme de son temps capable de s'émouvoir d'une cheville entr'aperçue. Nous sommes à des années lumières de "# metoo". Et c'est reposant!

Pérégrinations d'un voyageur d'Avignon à Aix, du Luberon au Var, des Saintes-Maries à Dignes. Portraits, rencontres, parfums, saveurs. Tout le contraire d'un guide et c'en est un bonheur.


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