Une photo, peut en dire parfois plus long qu'un grand discours. Elle peut être belle, émouvante, drôle, rappeler un souvenir, témoigner. C'est un présent transformé en éternité. Mais au-delà de ce qu'elle veut montrer, que montre-t-elle d'autre de quoi nous parle-t-elle d'autre?
L’esclavage en France a été aboli définitivement le 27 avril 1848 grâce à l’action de Victor Schœlcher il y a 178 ans. Victor Schœlcher est journaliste et homme politique. Cette photo représente des esclaves enchaînés. Non datée on peut penser que la scène n’est pas située en France, mais où ? Et de date bien postérieure à cette abolition de toute évidence.
L’image interroge. Ces hommes jeunes, en haillon, demi nus, qui sont-ils ? Et pourquoi les a-t-on photographiés ? Ils posent dos à un mur décrépi, disposés et alignés de manière à être bien vu et distingués. Qui les a ainsi exposés ? Un marchand ? Leur maitre ? Et dans quel but ? Certainement pas pour leur faire un souvenir. Pour présenter une « marchandise » ? pour pouvoir les identifier en cas d’évasion ? Pour les humilier ? Nous ne saurons jamais. Leur physionomie est diverse, mais la plupart ont les yeux fermés ou mi-clos. Sans doute aveuglés face à la lumière. Un, semble sourire, mais que pourquoi ce sourire et en est-ce un ? Les photographies représentant l’esclavage sont rares, par contre les représentations sont nombreuses, dessins, peintures etc.. La raison principale du moins pour la France est qu’avant l’abolition en 1848 la photographie qui restait expérimentale et confidentielle. Que lire sur ces visages ? La résignation, la colère. Que nous renvoie cette image ? Le dégoût, la honte ?

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