"Faù
ana cerca Molinàri a La Cieuta"
(Il
faut aller chercher Molinari à La
Ciotat)
Qui
n’a pas déjà entendu cette expression ? Elle est prononcée
quand une difficulté majeure survient quelque part. Mais qui est ce
Molinari capable de résoudre les problèmes les plus ardus ?
Alors
que nous philosophions sur la sardine qui aurait pu boucher le port
de La Londe (Je ne sais
plus à quelle occasion) mais qui boucha en d’autres
temps celui de Marseille, René Tua, mémoire absolue de l'association, nous rappela ce qui fut, devint, et est une légende tout à fait
véridique et certifiée par tous
dans le
Vieux Port et sans doute partout ailleurs de Port de Bouc à Menton, de Hyères au Cap Nord. Ceci à l'exception de quelques historiens chagrins.
La
voici en résumé :
En 1779 Louis XVI est roi de France.
Les amitiés franco-britanniques ne sont pas à l’ordre du jour, et
chacun y va de bon cœur et de ses armées pour déplaire à l’autre
et lui faire autant de mal qu’il peut. C’est de bonne guerre
entre ennemis intimes !
Il y a
cependant entre belligérants quelques règles de courtoisie du
genre, « Tirez les premiers Messieurs les Anglais »
« Après vous je vous en prie » « Je n’en ferais
rien » etc… Une des règles voulait que les navires
transportant des prisonniers échangés avec l’ennemi soit
considérés comme neutres. Une frégate
de sa majesté Louis XVI nommée La Sartine mais battant pavillon
anglais (par
précaution Of course),
ramène au pays à travers la Méditerranée une cargaison de
prisonniers libérés par Messieurs les
Anglais.
Le Comte Antoine de Sartine
La Sartine est ainsi baptisée du nom d’un ministre de la
Marine Monsieur le Comte Antoine
de Sartine. Mais un navire de la Royale Navy croise en
Méditerranée la route de celui du
roi de France et le canonne suite à un
malentendu, (sorry !) tuant le
capitaine et deux marins.
Comme quoi il peut y avoir des marins
myopes ou de mauvaise fois (on vous
laisse le choix). On s’explique, on
s’excuse (re-sorry!) et la Sartine
poursuit sa route vers Marseille. Arrivée en
vue du port, mais privé de son
capitaine la
Sartine manque de peu la passe , accroche
des rochers et coule en travers du
chenal qui
conduit à l’intérieur du
Vieux Port, en bouchant ainsi
l’entrée (Damned !). La
nouvelle se répand dans la ville comme
une traînée de poudre. « La Sardine a bouché le port ! »
Et tout Marseille de se tordre de rire.
L’occasion était trop belle pour les
arrières arrières arrières
grands parents des personnages de Marcel Pagnol, de
lancer une galéjade appelée à faire florès,
d’autant que les sardines de
Méditerranée sont toutes petites parce que les grosses
d’Atlantiques, chacun sait, restent bloquées au niveau de
Gibraltar. Les pôvres !
Voilà
pour l’histoire. Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Il faut
de toutes évidences
libérer le passage. La version officielle (mais doit-on la croire?)
dit que le « poisson»
à été treuillé à quai sous
la direction de Georges René Pléville Le Pelley, commandant du port et de la marine de Marseille
Et je vous fais grâce des détails. Mais la vérité vraie, celle qu’on raconte encore, sans cesser de l’améliorer au passage, dit que Le Pelley en question n’en venant pas à bout, une rumeur emplie la ville, "Faù ana cerca Molinàri a La Cieuta" (Il faut aller chercher Molinari à La Ciotat) . Ce Molinari, était connu pour résoudre les problèmes les plus difficiles dans toute la Provence. Les autorités ne sont pas d'accord ! Pensez donc, ce Molinari n’est qu’un petit charpentier de marine, presque analphabète. Les grands personnages hésitent à faire appel à cet artisan que le peuple réclame si fort, si bruyamment. La révolte gronde, le port fermé, les marseillais sont menacés par la famine.
Enfin, pour ramener la paix, on fait appel à ce Molinari.
Et
voilà Molinari qui accoure et prend la
direction des opérations. Il demande de faire tuer cinq
mille porcs, de récupérer leurs boyaux ainsi que leurs "bouffigues"
(vessies). Il invite 5 000 marseillais à venir sur le port munis de
longs tuyaux de cannes. Des plongeurs courageux placent
astucieusement dans le bateau les 5 000 bouffigues et Molinari, tel
un chef d’orchestre, commande aux 5 000 marseillais de souffler en
cadence pour gonfler les vessies de porc !
Devinez la suite !
le bateau commence à bouger, on voit les trois mâts qui montent
peu à peu à la surface. Le peuple exulte, les autorités font grise
mine, mais doivent reconnaître que le bateau est bel et bien
renfloué. La vie peut reprendre et les vivres inonder les quais à
nouveau.
Et c’est pour cela que depuis quand un problème
survient à Marseille, il y a toujours quelqu’un pour dire :
"Faù
ana cerca Molinàri a La Cieuta"




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