mardi 14 juillet 2026

"Faù ana cerca Molinàri a La Cieuta"

 




"Faù ana cerca Molinàri a La Cieuta"
(Il faut aller chercher Molinari à La Ciotat)

Qui n’a pas déjà entendu cette expression ? Elle est prononcée quand une difficulté majeure survient quelque part. Mais qui est ce Molinari capable de résoudre les problèmes les plus ardus ?
Alors que nous philosophions sur la sardine qui aurait pu boucher le port de La Londe (Je ne sai
s plus à quelle occasion) mais qui boucha en d’autres temps celui de Marseille, René Tua, mémoire absolue de l'association, nous rappela ce qui fut, devint, et est une légende tout à fait véridique et certifiée par tous dans le Vieux Port et sans doute partout ailleurs de Port de Bouc à Menton, de Hyères au Cap Nord. Ceci à l'exception de quelques historiens chagrins.
La voici en résumé :
En 1779 Louis XVI est roi de France. Les amitiés franco-britanniques ne sont pas à l’ordre du jour, et chacun y va de bon cœur et de ses armées pour déplaire à l’autre et lui faire autant de mal qu’il peut. C’est de bonne guerre entre ennemis intimes !
Il y a cependant entre belligérants quelques règles de courtoisie du genre, « Tirez les premiers Messieurs les Anglais » « Après vous je vous en prie » « Je n’en ferais rien » etc… Une des règles voulait que les navires transportant des prisonniers échangés avec l’ennemi soit considérés comme neutres. Une frégate de sa majesté Louis XVI nommée La Sartine mais battant pavillon anglais (par précaution Of course), ramène au pays à travers la Méditerranée une cargaison de prisonniers libérés par Messieurs les Anglais.

                                                Le Comte Antoine de Sartine

 La Sartine est ainsi baptisée du nom d’un ministre de la Marine Monsieur le Comte Antoine de Sartine. Mais un navire de la Royale Navy croise en Méditerranée la route de celui du roi de France et le canonne suite à un malentendu, (sorry !) tuant le capitaine et deux marins. Comme quoi il peut y avoir des marins myopes ou de mauvaise fois (on vous laisse le choix). On s’explique, on s’excuse (re-sorry!) et la Sartine poursuit sa route vers Marseille. Arrivée en vue du port, mais privé de son capitaine la Sartine manque de peu la passe , accroche des rochers et coule en travers du chenal qui conduit à l’intérieur du Vieux Port, en bouchant ainsi l’entrée (Damned !). La nouvelle se répand dans la ville comme une traînée de poudre. « La Sardine a bouché le port ! » Et tout Marseille de se tordre de rire. L’occasion était trop belle pour les arrières arrières arrières grands parents des personnages de Marcel Pagnol, de lancer une galéjade appelée à faire florès, d’autant que les sardines de Méditerranée sont toutes petites parce que les grosses d’Atlantiques, chacun sait, restent bloquées au niveau de Gibraltar. Les pôvres !
Voilà pour l’histoire. Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Il faut de toutes évidence
s libérer le passage. La version officielle (mais doit-on la croire?) dit que le « poisson» à été treuillé à quai sous la direction de  G
eorges René Pléville Le Pelley, commandant du port et de la marine de Marseille

                                                           La Sartine

 Et je vous fais grâce des détails. Mais la vérité vraie, celle qu’on raconte encore, sans cesser de l’améliorer au passage, dit que Le Pelley en question n’en venant pas à bout, une rumeur emplie la ville, "Faù ana cerca Molinàri a La Cieuta" (Il faut aller chercher Molinari à La Ciotat) . Ce Molinari, était connu pour résoudre les problèmes les plus difficiles dans toute la Provence. Les autorités ne sont pas d'accord ! Pensez donc, ce Molinari n’est qu’un petit charpentier de marine, presque analphabète. Les grands personnages hésitent à faire appel à cet artisan que le peuple réclame si fort, si bruyamment. La révolte gronde, le port fermé, les marseillais sont menacés par la famine.
Enfin, pour ramener la paix, on fait appel à ce Molinari.

Et voilà Molinari qui accoure et prend la direction des opérations. Il demande de faire tuer cinq mille porcs, de récupérer leurs boyaux ainsi que leurs "bouffigues" (vessies). Il invite 5 000 marseillais à venir sur le port munis de longs tuyaux de cannes. Des plongeurs courageux placent astucieusement dans le bateau les 5 000 bouffigues et Molinari, tel un chef d’orchestre, commande aux 5 000 marseillais de souffler en cadence pour gonfler les vessies de porc !
Devinez la suite ! le bateau commence à bouger, on voit les trois mâts qui montent peu à peu à la surface. Le peuple exulte, les autorités font grise mine, mais doivent reconnaître que le bateau est bel et bien renfloué. La vie peut reprendre et les vivres inonder les quais à nouveau.
Et c’est pour cela que depuis quand un problème survient à Marseille, il y a toujours quelqu’un pour dire : "Faù ana cerca Molinàri a La Cieuta"   





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